
Je suis la femme de Barbe bleue
Magali Destruel
Ils sont ensemble depuis des années et il en a marre de leur appartement. Il voudrait une maison, une vraie, avec un jardin. Elle n’est pas très emballée mais il est déterminé et arrive toujours à ses fins. Un matin, il lui fait visiter un superbe château en ruines. Ils vont pouvoir le retaper, y vivre et y travailler. Il installera son centre de remise en forme, elle aura son cabinet d’avocate. Il est enthousiaste, elle ne résiste pas.
Ce château devient peu à peu un symbole. Celui de l’enfermement de la narratrice dans son histoire passée – une enfance tourmentée par le fantôme d’une sœur morte avant sa naissance – et dans sa relation d’emprise avec son mari.
Le roman est parsemé de références à Barbe-Bleue: le sang, les pièces fermées, réelles ou symboliques - le téléphone portable -, le passe partout – devenu jouet sexuel -, la clef… Les secrets de l’époux ne seront pas ceux qu’on peut imaginer.
Dans cette fiction, qui entretient un réel suspense, le premier rôle revient à la femme de Barbe-Bleue. C’est elle qui réécrit l’histoire, à la manière d’un palimpseste. L’histoire ancienne – son propre passé et le conte – n’ayant jamais complètement disparu et réapparaissant comme par transparence sous l’histoire réinventée.